Mercredi 27 septembre 2006

Antoine Dubert:
Attis en Arbre
ATTIS'LAMENT
Amante, je sanglote sur tes seins de colza: es-tu
Contente? Je t'ensanglante du ruisseau de mon désir!
Amante, sens-tu la
Libation plus tragique que le bouc égorgé,
Ce chlore acide, koumi rouge que tu exiges?
Tu te gorges bien au crépuscule exagéré
De ce sexe sec comme la scléranthe… Je l'ai jeté
Dans les Deûles indigo:
Voguent les péniches des Vénètes!
Les épinoches se gavent
Du délices de mes glandes…
Amante, je refuse ta fécondité ceinturée d'asphalte,
Tes champs
Shootés
Aux coquelicots
Coagulés,
Les phrases déferlantes, orages cerise, de ta tête de mante!
Oh ma terre
O Mater
Pilonnée,
Pylonée,
Je te hais de subsister perfide et végétale
Déchiquetée au Nord que tu aimantes, ca-
Davre! Etiage de substance! Touffe protégée
Quand tu n'es qu'un cauchemar ridicule!
Amante, je me castre et ma lèvre démente
Répercute le cri de tous les Catulle
Sur le chrome des Mazda et les ciments miraculeux. J'ai vu
Tremper dans la couleur la terre attiédie
Dans l'arrachement déferlant, j'ai deviné ce viol
De tes boyaux de carbone.
Je hurle, chevelure de lave, femme enfin!
J'ai hurlé, chevelure de lave, enfin femme!
Et se rallume
Ma haine de ce qui naît nu et meurt
Sans lumière…
Mon aine saigne comme
Une bouche nubile chantant
La Nuit
Le Néant.
Amante, je sanglote sur tes seins de colza: es-tu
Contente? Je t'ensanglante du ruisseau de mon désir
Dilué dans les Deûles indigo!
Voguent les péniches des Vénètes.
Les épinoches se gavent
Du délice de mes glandes…